Hiérarchie, dominance…

Alexandra HOROWITZ, Docteur en sciences cognitives, est enseignante et chercheuse au département de psychologie animale du Barnard College de New York. Voici quelques extraits de son livre « Dans la peau d’un chien » :

« Principes de dressage et études scientifiques sont en désaccord. Les dresseurs sont nombreux à fonder leur rapport aux chiens sur une analogie avec le loup. Les scientifiques connaissent mal le comportement naturel du loup, et le peu qu’ils en savent contredit bien souvent les fondements de cette analogie. »
« Pour un animal qui doit vivre au contact des humains, l’attachement spécifique paraît logique ; pour un animal vivant en meute, ça l’est beaucoup moins. »
« Les loups sont des chasseurs mais nous n’autorisons pas les chiens à chasser. Leur technique de chasse a d’ailleurs été qualifiée de calamiteuse. »
« L’analogie avec l’organisation de la meute garde un grand attrait pour beaucoup, surtout si l’homme est placé dans le rôle du dominant. »
« La notion de meute nous offre un cadre confortable quand nous hésitons sur la façon de gérer une présence canine. »
« Dans la nature, les meutes ne regroupent pratiquement que des individus apparentés : ce sont des familles, pas des groupes de semblables rivalisant pour la place de dominant. »

Il est généralement admis, même si ce n’est pas scientifiquement totalement prouvé, que les chiens descendent des loups, ou bien que chiens et loups contemporains ont un ancêtre commun.

De ce fait, beaucoup continuent encore à comparer chiens et loups alors que depuis 100.000 ans leurs biotopes, naturel pour le loup et anthropogénique pour le chien, ont fait diverger leurs gènes, leurs organisations sociales, leurs mœurs, leurs buts, leurs besoins, leurs patrons-moteurs.

Pourquoi un chien domestique, vivant avec des humains, aurait-il une organisation sociale à base de meute alors que celle-ci est destinée à la prédation collective par la coordination des actions de chasse ? Pourquoi d’ailleurs chasserait-il alors qu’il est nourri ?

Des expériences sous contrôle scientifique ont été réalisées en ce sens : non seulement les chiens n’ont pas l’instinct de se rassembler en meute quand ils sont transposés dans un biotope naturel, mais encore leurs techniques de chasse ont été qualifiées de « calamiteuses » par les chercheurs.

Comparer un chien à un loup revient à comparer un humain à un singe.

Absurde.
Absurde et dangereux, car cette analogie incite à employer un langage et des méthodes totalement inadaptés pour communiquer avec nos chiens et les éduquer.

La dominance canine intraspécifique existe bel et bien, certes, mais on peut constater aisément qu’il s’agit d’une dominance fluctuante, mouvante, instable dans le temps, car elle dépend grandement des situations, de l’enjeu du moment, des individus en interaction et de l’environnement.

Aucun chien n’est dominant permanent.
Aucun chien n’est dominant dans l’absolu, sans avoir de congénères à dominer.
Aucun gène de la dominance n’existe.
Aucune race de chien n’est plus dominante qu’une autre.

Par ailleurs un chien dominant dans un groupe est respecté sans qu’il y ait agressivité.
Contrairement à la croyance populaire, un chien agressif n’est justement pas un chien dominant.

Le Dr Frank BEACH a passé 19 ans à étudier des meutes de chiens : il n’y a jamais de dominance physique ; tous les comportements sont ritualisés.
Le dominé adopte en général une attitude de soumission (par exemple présenter son museau pour que le dominant appose le sien par-dessus) de manière volontaire.
Il s’agit d’un rituel.
Un rituel sans violence. Jamais.

Quant à la dominance interspécifique, aucune étude sérieuse, observation empirique statistiquement significative ni surtout expérience sous contrôle scientifique n’a prouvé la véracité de cette thèse.
Scientifiquement parlant, tant qu’une chose n’a pas été démontrée, elle n’existe pas.

Affirmer le contraire ne reviendrait plus à comparer le chien à un loup, mais cette fois-ci à un homme … ou l’homme à un chien.
On en sait peu sur la cognition des chiens mais on sait tout de même qu’’ils ne se prennent pas pour des humains, pas plus qu’ils ne prennent les humains pour des congénères.

Sans organisation sociale, codes communicationnels ni surtout buts communs entre humains et canins, comment donc une « meute » interspécifique, à l’image de celle des loups sauvages, pourrait-elle exister ?

Dans la nature, de nombreuses espèces partagent la même niche écologique (le célèbre Kruger National Park d’Afrique du Sud, par exemple, permet de le constater aisément) et la simple observation permet de vérifier que l’éléphant ne « domine » pas le buffle qui ne « domine » pas le zèbre qui ne « domine » pas le springbok. Autour d’un point d’eau, ils cohabitent simplement, le temps de s’abreuver et sans chercher autre chose.

Le but profond, pragmatique, de la hiérarchie est la survie du groupe intraspécifique : comment donc alors un individu d’une espèce pourrait-il être le dominant d’un groupe d’une autre espèce ? Sans moyens de communication interspécifique, avec des organisations sociales, des besoins, des buts, des modes de vie, des perceptions de l’environnement et des cognitions différents ? Impossible.

Concernant les relations homme/chien, appliquons la simple logique : s’il y avait meute mixte humains-canin (la fameuse « famille-meute » encore chère à beaucoup) sur le modèle de la meute de loups, alors tous les autres humains et canins seraient hors meute et devraient être évités ou chassés, voire agressés, ce qui ne se produit pas.

Avec eux, nous constituons un groupe, un foyer, un rapprochement mutuellement profitable entre êtres vivants. En aucun cas une meute, ni de chiens ni a fortiori de loups.
Esprit de Chien nomme ce rassemblement « groupe socio-affectif ».

Il y a confusion entre dominance et autorité, obéissance et soumission, posture de soumission et posture d’apaisement.

Un chien grogne quand on veut le descendre du canapé car il est dominant. Plus simplement, il informe qu’on le dérange : tout individu, animal humain ou non humain fait de même, à sa manière. L’humain râle, le chat crache, le chien grogne. Rien de nouveau.

Un chien se précipite vers la porte au moment de la promenade pour passer le premier et ainsi affirmer sa dominance. Plus surement, il a attendu des heures entières, son propriétaire lui a fait voir sa laisse, il est tout excité, il a quatre pattes, beaucoup d’énergie, peut-être envie d’éliminer : il fonce. Rien d’extraordinaire.

Un chien fixe son propriétaire dans les yeux pour le dominer. Si le propriétaire voit qu’il est fixé, c’est qu’il le fixe aussi ; dans ce cas qui fixe l’autre, qui domine l’autre ?

Un chien veut monter sur un fauteuil pour prendre la place de son maître, le dominant en titre. Rien ne vaut une place confortable, imprégnée de l’odeur de son propriétaire. Où est le problème ?

Un chien veut être en hauteur pour dominer. Comment font donc les chiens/les loups en plaine ou en savane ? Par ailleurs les prédateurs n’ont pas de guetteurs, ils chassent : seules les proies potentielles en ont.

Un chien se met sur le dos pour se soumettre à son dominant. Il s’agit en fait d’une posture rituelle d’apaisement, simplement destinée à calmer ce qu’il peut percevoir de tension dans la situation.

Un chien se couche dans le passage pour marquer sa dominance. Plus simplement, il sait qu’à cet endroit, son propriétaire le remarquera.

Un chien doit manger après ses propriétaires pour qu’il sache qu’il n’est pas le dominant.
Dans la nature, le loup dominant mange en premier parce que c’est sur lui que repose la sécurité de la meute : il doit donc être le mieux nourri pour assurer ses charges et pouvoir se reproduire. Les humains ont pris cette habitude car, historiquement parlant, les chiens étaient nourris avec les restes de table, donc après les humains.

Un chien obéit à son maître parce que celui-ci le domine.
Le chien obéit à son maître parce qu’il est opportuniste et raisonne par association : en obéissant il a appris qu’il en retirera quelque chose de positif, alors il le fait. Tout simplement.
Nettement plus horrifique : le dominant d’une meute est dans l’obligation de saillir une femelle en oestrus, sinon cela signifie qu’il renonce à sa position. Ayons une pensée pour les propriétaires de chiennes.

Si hiérarchie il y a, elle n’est que dans la vision de l’Homme, et il ne lui vient pas à l’idée de ne pas se trouver à son sommet. Dans la pratique, on peut toujours résoudre une problématique relationnelle homme/chien sans jamais utiliser le modèle de relation hiérarchique.

Résumons.
La hiérarchie canine intraspécifique existe, mais elle est mouvante car elle dépend des individus en présence et des situations. La hiérarchie interspécifique n’existe pas. La relation homme/chien est une relation commensale entre un animal qui contrôle les ressources et un autre animal, captif et opportuniste.

Jean LESSARDLa Terre a toujours été ronde, c’est notre façon de la voir qui a changé ») et Boris CYRULNIK Jusqu’à récemment, les humains voyaient l’univers avec leurs idées plutôt qu’avec leurs yeux ») l’ont bien exprimé : nous, humains, avons les facultés intellectuelles nécessaires pour pouvoir changer notre vision du monde et ainsi évoluer, nous améliorer, nous corriger.
Nous pouvons, nous devons profiter de ces facultés.
Il suffit d’en avoir la force de caractère … et de le vouloir.

Le propriétaire d’un chien se doit d’être un leader, un protecteur, un responsable, une figure emblématique à laquelle le chien ne peut qu’adhérer ; en aucun cas un dictateur ou pire, un tortionnaire.

Son engagement est de pourvoir à tous les besoins du chien.
C’est une grande responsabilité, une lourde tâche, un immense pouvoir.
Il doit s’en montrer digne.
Pour le chien. Et pour lui-même.

© Laurent Meltzer, Cynologiste®, Esprit de Chien
Site : http://www.espritdechien.fr

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Pourquoi préférer guider plutôt que punir ?

La récompense est agréable et la punition déplaisante. L’éducation avec des récompenses généreuses est un plaisir pour le maître comme pour le chien,tandis qu’un programme punitif n’est guère une partie de plaisir pour aucune des deux parties. Les punitions répétées font que l’éducation devient une entrave pour le chien et une routine désagréable pour le maître.

Tel un merveilleux effet secondaire de l’éducation à l’obéissance, chaque récompense améliore l’opinion que le chien a de son compagnon humain, cimentant ainsi les liens les unissant. A l’inverse, les punitions répétées détruisent progressivement le respect et la confiance que le chien porte en son maître, car elles sapent insidieusement les fondations mêmes de leur relation.

Lorsque l’on administre des punitions excessives voire extrêmes, le danger est toujours que le chien puisse associer la punition à son maître plutôt qu’au mauvais comportement. Beaucoup de chiens sont convaincus que ce n’est pas leur comportement qui est inacceptable, puisqu’en de nombreuses occasions ils l’ont adopté sans qu’aucune punition n’intervienne. Plutôt que de retenir que son comportement a des conséquences désagréables, le chien retient que c’est la présence de son maître qui engendre ces conséquences.Il va donc développer une personnalité de type « Dr Jekyll et Mr Hyde ». Il prend du bon temps à être simplement un chien et connaît un parfait « soulagement » lorsqu’il est séparé de son maître, lorsque celui-ci est hors de vue ou hors de portée, mais il souffre d’inhibition et de dépression lorsque le maître est présent.

Dr Ian Dunbar

Dominance et éducation des chiens

Les utilisations du terme « dominance » et de la théorie de la meute/de la hiérarchie pour expliquer le comportement des chiens ont récemment fait l’objet de nombreuses recherches.

The Association of Pet Dog Trainers (l’Association des Éducateurs Canins) souhaite informer les propriétaires de chiens des conséquences qu’entraîne le fait de se baser sur ces modèles théoriques pour comprendre les chiens, interpréter leurs comportements et tenter de vivre de façon harmonieuse avec eux.

Contrairement aux croyances populaires, les études réalisées sur les loups dans leurs milieux naturels démontrent que ceux-ci ne sont pas dominés, au sein de leur meute, par un « loup Alpha » qui serait le mâle le plus agressif, pas plus que par un « couple Alpha ».

Ces études ont notamment prouvé que l’organisation sociale des meutes de loups est très similaire à celle des familles humaines, et que donc il y a très peu d’agressions ou de combats pour la « dominance ».

Les loups vivant en meute, que ce soient les adultes/parents ou les louveteaux, dépendent les uns des autres pour survivre au sein de leur biotope ; en conséquence ceux qui s’engageraient dans des comportements agressifs envers leurs congénères intra-meute réduiraient la capacité de la meute dans son ensemble à survivre et à se développer.

Alors que des hiérarchies sociales existent (comme pour les familles humaines), elles ne sont pas liées à l’agression, contrairement à ce qui est généralement décrit (incorrectement) dans la culture populaire.

Comme le très reconnu chercheur scientifique L. David Mech l’a récemment rédigé à la suite de ses nombreuses années d’étude des comportements des loups, « il est temps d’en finir une bonne fois pour toutes avec notre vision démodée de la meute de loups représentée comme un regroupement agressif d’individus se concurrençant mutuellement pour la position de dominant. » (Mech, 2008) – voir notre article à ce sujet.

En sus de cette nouvelle compréhension du comportement des loups, l’étude de celui des chiens a également permis de découvrir que ceux-ci, tout en partageant des points communs avec leurs cousins les loups, présentent cependant de nombreuses différences sociales significatives.

En conséquence, l’idée que le comportement canin soit expliqué par l’utilisation des modèles de comportement du loup n’est pas plus opportun que de suggérer que le comportement des chimpanzés peut être utilisé pour expliquer le comportement humain.

Malheureusement, l’idée que les chiens seraient de façon fondamentale des loups domestiqués vivant dans nos foyers persiste encore parmi les éducateurs canins et les comportementalistes, ainsi que chez nombre d’éleveurs et propriétaires de chiens, ainsi que dans les médias.

Une des plus grandes idées reçues que nous rencontrons est le modèle de la « dominance ». Les chiens sont souvent décrits comme étant dominants, ce qui est un usage incorrect du terme.

La dominance n’est pas un trait de personnalité. La dominance est tout d’abord « un terme descriptif des relations entre des couples d’individus » et en outre « l’utilisation de l’expression « chien dominant » n’a pas de sens dans la mesure où la « dominance » ne peut s’appliquer qu’à des relations entre des individus. » (Bradshaw et X, 2009).

La dominance entre en jeu dans une relation intra-spécifique, lorsqu’un individu veut se procurer avant les autres le meilleur des ressources disponibles, comme par exemple la nourriture, le couchage, les jouets, les os.

Cependant, même entre chiens ces comportements n’utilisent ni la force ni la coercition, mais bien la soumission volontaire de l’un des membres de la relation, celui-ci se soumettant à l’autre de façon paisible.

Dans beaucoup de foyers, le statut d’un chien par rapport à un autre est fluide. En d’autres termes un chien peut être le premier à attraper des jouets mais va également laisser à l’autre le choix du lieu de couchage par exemple.

Les chiens qui utilisent l’agression pour obtenir ce qu’ils veulent ne montrent pas de la dominance mais des comportements basés sur l’anxiété, ceux-ci ne faisant qu’augmenter lorsqu’ils sont confrontés à des menaces verbales ou physiques de leurs propriétaires.

Le fait de baser l’interaction propriétaire-chien sur la dominance est dangereux pour la relation interspécifique, entraîne un stress, une anxiété et une agression potentielle accrus du chien, ainsi que la peur et l’antipathie du propriétaire envers son animal.

Vivre avec les chiens : qu’est-ce qui est important ?

Quand il s’agit de vivre et/ou de travailler avec des chiens, le concept de dominance est largement inutile.

Cela sera peut-être surprenant pour de nombreux propriétaires de chiens.

La vérité est cependant que lorsqu’on travaille avec des chiens qui ont un problème comportemental et/ou d’éducation, l’objectif du professionnel canin doit être de favoriser une modification du comportement non désiré et donc de mettre en oeuvre un protocole de formation et/ou de thérapie comportemental adapté, afin de traiter le problème rencontré en première instance et avant toute autre action.

Ceci ne nécessite pas de comprendre la motivation du chien ni son état émotionnel, mais oblige à se concentrer sur ce que le chien fait (son comportement) et sur ce que nous voudrions qu’il fasse, tout en aidant le chien à comprendre comment réaliser les actions désirées, pour ensuite pouvoir le récompenser de les avoir accomplies.

Beaucoup trop souvent, les propriétaires de chiens ont été conseillés de manière à « montrer au chien qui est le chef » et à « être l’Alpha ». L’effet négatif de ce mode d’approche et de pensée est qu’il crée une relation défavorable, donc à long terme dommageable, entre le propriétaire et son chien, avec le sentiment persistant que ce dernier essaie à tout prix de contrôler le foyer et la vie de son maître.

Une telle idée fausse détériore la relation propriétaire-chien et peut conduire à des comportements de peur, d’anxiété ou d’agressivité de la part de l’animal. Les chiens ne parlent pas notre langage et peuvent se retrouver acculés dans nos foyers dans des situations qu’ils ont du mal à appréhender, par des maîtres essayant de se comporter comme, ils le croient à tort, les loups le font.

Plutôt que la « dominance », c’est plus un manque de communication interspécifique claire qui induit les comportements qui nous préoccupent.

C’est la responsabilité de l’homme d’apprendre aux chiens les comportements appropriés et de les récompenser lorsqu’ils réalisent les actions que nous attendons d’eux.

De façon tout aussi importante, c’est notre rôle de leur montrer quels comportements ne sont pas appropriés, de façon constructive et avec compassion, afin de ne pas surenchérir sur leur anxiété.

L’agression envers le chien (ou perçue comme telle) n’est pas, n’est jamais, la bonne méthode.

Des actions comme l’ « alpha roll » (retourner par la force et maintenir un chien sur le dos) ou le « scruff shake » (secouer un chien en le prenant par la peau du cou) n’ont aucun fondement quand il s’agit d’étudier le comportement du chien ou du loup ; elles conduisent uniquement à créer des peurs inutiles des chiens à notre égard, peurs qui peuvent conduire à des agressions, tout simplement parce qu’un chien qui a peur n’a pas d’autre moyen de se protéger que d’utiliser ses dents.

Nous devons à nos chiens de voir le monde selon leur point de vue afin de créer une relation plus harmonieuse avec eux.

Que nous regardions un chien ou un loup, des gestes tels qu’empoigner, forcer à exécuter un « down », grogner à sa face et autres comportements agressifs dirigés contre lui vont seulement conduire l’animal à développer une réponse « combat ou fuite » où l’animal craint pour son intégrité physique.

Dans de telles situations l’animal va soit se figer sur place de peur, soit s’éloigner de l’animal qui le menace (ici l’homme) s’il en a la possibilité, soit se battre pour se protéger.

Lorsque nous nous engageons dans de tels comportements/relations avec nos chiens, nous ne disons pas au chien que nous sommes le chef, nous leur prouvons que nous sommes des êtres dangereux qu’il faut éviter ou vaincre.

Il n’y a pas de « dominance » dans de tels scénarii ; seulement de la terreur et l’instinct de se défendre contre l’attaque.

Si la dominance n’est pas à employer, alors qu’utiliser ?

Fort heureusement, de nombreux éducateurs et comportementalistes professionnels utilisent désormais des concepts qui insistent sur la construction d’une relation saine, heureuse et attentionnée plutôt que sur la dominance.

Quelques éducateurs font référence au terme « leadership » (ou autres termes similaires) qui est moins négatif que « dominance » ou « Alpha ».

Ce que ces éducateurs ont en commun est un désir d’expliquer et de promouvoir des modes de vie en commun agréables, compassionnels et sans confrontation.

Ces approches éducatives ont pour objectif de renforcer le lien entre le propriétaire et son chien, ainsi que d’enseigner audit propriétaire des moyens plus efficaces de communiquer avec son animal.

Pour les chiens présentant des troubles, ces éducateurs utilisent des programmes tels que « rien dans la vie n’est gratuit », qui repose sur le principe que le chien doit faire quelque chose pour obtenir ce qu’il veut (par exemple s’asseoir pour obtenir à manger, marcher sur une laisse détachée pour avancer, etc.).

Ces programmes sont efficaces car le chien apprend des règles qui sont constamment renforcées, ainsi que ce qu’il a besoin de faire pour obtenir ce qu’il souhaite, par exemple de la nourriture, des caresses ou du jeu.

Les chiens n’ayant la possibilité de discours articulé, les problèmes comportementaux et d’anxiété apparaissent lorsqu’ils sont laissés à eux-mêmes pour décider comment vivre dans notre monde, sans conseils, soutien ni apprentissage appropriés.

Dans la société humaine elle-même, nous nous comportons mieux dans un monde « qui a du sens pour nous » et qui est clairement structuré.

Les mythes qui résonnent sur la théorie de la dominance tels que de ne pas autoriser le chien à coucher dans le lit, à manger le premier ou à passer une porte avant lui, n’ont aucune corrélation avec le fait que le chien va ou non rechercher la gouvernance de son maître.

Les règles spécifiques de la relation dépendent cependant du maître et sont basées sur ce qu’il veut au sein de son foyer. Les éducateurs formés et utilisant des méthodes bienveillantes vis-à-vis du chien doivent s’efforcer d’enseigner aux propriétaires comment conduire l’apprentissage et motiver de façon positive et douce leurs compagnons afin qu’ils se comportent d’une façon qui convienne au foyer, ainsi que la manière d’adapter ces règles à chaque individu.

Il n’existe pas de données scientifiquement validées qui permettent de confirmer la croyance que vous devez manger avant votre chien, l’éloigner de votre lit ou marcher devant lui ; les maîtres ne doivent pas être conduits à le croire et, ainsi, vivre dans un état permanent d’anxiété et de peur quant à une prise de contrôle éventuelle de leur chien sur eux et leur foyer.

En fait la grande majorité des chiens et des propriétaires ont de magnifiques relations, même si l’animal est autorisé à aller dormir sur le lit de son maître, manger avec lui et faire de nombreuses choses considérées de façon erronée comme de la « dominance ».

Afin d’illustrer quelques mythes sur la dominance, nous avons rédigé un document intitulé Les mythes sur la dominance et les réalités de l’éducation des chiens.

Conclusion

Quand vous aurez à faire le choix d’un éducateur canin ou d’un comportementaliste pour votre relation avec votre chien, vous devrez garder à l’esprit que les philosophies et les méthodologies sont très nombreuses et dissemblables.

L’APDT conseille d’interroger les éducateurs et/ou comportementalistes potentiels afin de connaître leurs principes et croyances concernant la « dominance », ainsi que leur position sur le fait d’utiliser ou non la force physique et l’intimidation pour éduquer un chien, que ce soit pour l’obéissance ou pour des problèmes comportementaux.

Un professionnel canin formé devrait être familiarisé avec les derniers concepts scientifiques du comportement canin et être prêt à discuter de ses méthodes avec vous.

The Association of Pet Dog Trainers 150 Executive Center Drive, Box 35, Greenville, SC 29615, USA

Traduit par Laurent Meltzer, Cynologiste®, Esprit de Chien.

Source : http://adcanes.fr/position-de-lapdt-sur-la-dominance/

Le collier électrique : les effets que l’on ne voit pas

Dressage au collier electrique,
les vraies conséquences
Pour tous ceux qui utilisent ou seraient tenté d’utiliser cet outil, cette enquête vous permettra de mesurer toutes les conséquences de son utilisation sur votre animal. A faire lire par tous les propriétaires de chiens.
Voici la traduction de l’extrait d’un livre « Fondements d’une éducation du chien conforme à la loi de protection animale », expertise sur l’utilisation de colliers électriques dans l’éducation du chien, selon une perspective éthique et éthologique.
(de G.M.Teutsch et D.U.Feddersen-Petersen)
En mai/juin 1998, 12 chiens approximativement du même âge furent conditionnés à l’aide du collier électrique.
Le problème comportemental était chez tous ces chiens un comportement marqué de chasse et de prédation.
Tous ces chiens étaient ou des chiens de chasse ou des chiens de défense, ils étaient tous adultes et éduqués à la chasse ou à la défense. On les a tous familiarisés au collier électrique en leur laissant porter un collier factice, pendant quelques heures, quotidiennement et pendant 10 jours, à la maison et dans une atmosphère détendue. Par conséquent, ces chiens étaient, au vu des paramètres cités, comparables, et il était sensé de les tester.
1.braque allemand, mâle, 4 ans, dressé à la chasse.
2.petit münsterländer, mâle, 5 ans, dressé mais non employé à la chasse à cause d’un instinct de prédation trop marqué, le chien refuse de rendre la proie.
3.teckel à poils durs, mâle, 4 ans, dressé à la chasse.
4.teckel à poils ras, femelle, 6 ans, dressée à la chasse.
5.labrador retriever, femelle, 6 ans, dressée à la chasse.
6.flat coated retriever, mâle, 6 ans, non employé à la chasse.
7.chien d’arrêt allemand à poils longs, mâle, 4 ans, dressé à la chasse.
8.petit münsterländer, femelle, 5 ans, non employée à la chasse.
9.berger allemand, mâle, 4 ans, dressé à la défense (concours).
10.rottweiler, mâle, 5 ans, dressé à la défense.
11.schnauzer géant, mâle, 4 ans, dressé à la défense(concours).
12.rottweiler, femelle, 7 ans, dressée à la défense.
(…) C’est en « open field », sur un terrain inconnu que furent testées l’assurance, la stabilité et la sociabilité de tous ces chiens vis à vis de leur maître et d’un figurant : comportement sociable positif (qui entraîne une réduction de la distance, pour aller jusqu’à une prise de contact par exemple), et comportement sociable négatif (qui entraîne une augmentation de la distance, attitude d’évitement par exemple).
Dans une situation de test définie, on a constaté des différences très nettes de comportement avant et après l’utilisation du collier électrique. Plus particulièrement,
le comportement sociable des chiens avec leur maître
(30 minutes après la stimulation électrique),
fut fortement altéré.
A l’exception d’un chien (le chien d’arrêt allemand à poils longs), tous adoptèrent une attitude craintive, instable,
ne restant plus auprès du maître, allant même jusqu’à l’éviter constamment.
Le rottweiler, qui avant la stimulation avait impressionné le figurant par son assurance et sa prestance et que l’on pouvait stopper en pleine course, fit preuve lors du deuxième test de la même assurance, si ce n’est qu’il se montra excité
et menaça même le figurant.
Un chien (le schnauzer géant) ne se laissait plus approcher, se recroquevillait en gémissant dans un coin et se montrait apathique. La majorité des chiens avait perdu en assurance, ils évitaient les stimuli auxquels ils avaient répondu lors du 1er test avec curiosité, s’accroupissaient ou se déplaçaient en courbant l’échine.
La femelle teckel à poils ras courait, prise de panique,
en décrivant des zig-zags à travers le terrain, et heurta la clôture à plusieurs reprises.L’échec des méthodes basées sur la punition
Nous ne pouvons nous permettre de punir « accidentellement » un chien, « accidents » qui reviennent à lui infliger une douleur importante. Il existe une foule d’alternatives et de techniques
de dressage, efficaces de surcroît.On ne le répètera jamais assez, mais des méthodes d’apprentissages fondées sur la punition ou un environnement menaçant plongent le chien dans un état d’agitation, de stress permanent. Répondant ensuite
à la nécessité de se protéger, le chien a des réactions
qui peuvent provoquer de dramatiques incidents.

(Texte original : http:/ … itsfortheanimals.com/RUFUS.HTM)

Collier étrangleur ou collier sanitaire ?

Collier sanitaire pour chien, l’hypocrisie

Collier étrangleur chaine. Vous recherchez un collier pour chien ?

> Le collier pour chien est un des accessoires les plus importants que vous pourrez trouver à votre chien. Faux !
> Idéal et indispensable pour le dressage du chien. Faux !
> Un collier étrangleur est très bien, dans les mains de quelqu’un d’expérimentés. Faux !
> « j’utilise collier sanitaire depuis 14 ans en club et pas de problèmes de trachée sur le chien il faut pas y aller comme un *!!*?** non plus et le mot collier de travail est plus judicieux ou collier chainette… » Faux !
> Le collier étrangleur (le nom induit en erreur car cela ne sert pas à étrangler le chien) n’est qu’un outil qui peut être mal utilisé. Faux !

 Terme Franco-Français qui n’est utiliser dans aucun autre pays.
L’utilisation du terme collier sanitaire est une des plus grandes hypocrisie des vendeurs d’accessoires pour chien ou des utilisateurs dans les clubs canins par exemple. Ce terme n’a pour  objectif que de faire accepter au propriétaire du chien cette méthode, lui faire croire qu’il n’y a aucun danger et justifier l’incompétence et l’ignorance des pratiquants de ce type de collier.La pression appliquée sur le cou du chien peut provoquer des écrasements de la trachée, des paralysies transitoire des pattes, paralysie du nerf laryngé . Les yeux d’un chien sont particulièrement sensibles. Le risque est augmenté avec des colliers étrangleurs de couper l’irrigation vers le cerveau et les yeux. Les nerfs optiques d’un chien voyage dans le cou, et ainsi la pression constante appliquée peut y endommager directement les nerfs, pouvant entraîner une cécité.
L’effet sur la pression intraoculaire chez les chiens qui tirent sur un collier, qui sont étrangler ou un harnais a été évalué dans 51 œils de 26 chiens. La force de chaque chien a été généré en tirant contre un collier ou un harnais. Des mesures de pression intraoculaire ont été obtenus au cours d’application des pressions correspondantes via des colliers ou des harnais. La pression intraoculaire a augmenté de manière significative par rapport au départ, lorsque la pression a été appliquée par l’intermédiaire d’un collier, mais pas par l’intermédiaire d’un harnais.

Suite de l’article  ici.

Passage du Certificat d’Aptitude à l’Éducation Sociale du Chien

Pour pouvoir participer à des concours avec Fuchsia, je dois passer le CAESC. Nous nous sommes donc rendues au club hier après-midi pour le passer, avec 15 autres personnes. L’ambiance était très bonne, malgré le froid.

Au programme : marche en laisse et sans laisse, positions assis et couché, rappel, pas bouger avec absence du maître, passage dans la foule (en délire !) et pour finir, un inconnu prend le chien en laisse et part avec sur quelques mètres. S’ensuit une série de questions sur la legislation.

Fuchsia a bien fait les exercices (sans friandises). Bon, elle est partie en cacahuète à un moment mais est revenue assez rapidement vers moi, je suis fière d’elle ! 🙂

Verdict : CAESC obtenu avec 157 points sur 160, le minimum pour l’obtention du certificat étant de 100 points.

Voilà, nous n’avons plus qu’à attendre la licence de comptétition pour pouvoir commencer les concours d’obé-rythmée. Ca nous laisse du temps pour nous entrainer ! 🙂

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Ne pas aller trop vite dans la progression !

Bonne séance d’Agility, ce matin ! 🙂

Enchaînements de sauts, tunnels droit et courbé, saut en longueur et slalom !

Fuchsia est motivée mais facilement impressionnable donc il ne s’agit pas de louper une étape ! On m’a poussée à aller trop vite en demandant à Fuchsia de passer le tunnel courbé alors qu’elle ne l’avait jamais passé ! Après un refus, nous avons donc dû reprendre à zéro pour la remettre en confiance. J’ai réussi à obtenir que les moniteurs n’encadrent pas l’entrée et ne bouchent pas l’entrée une fois Fuchsia dans le tunnel (ouf !).

Conclusion : ne pas avoir peur de procéder par étape, c’est plus long au début, mais l’apprentissage est durable et le chien ne perd pas son enthousiasme ! 😉

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